Quand aujourd’hui, aimer la France = facho

Dans le débat public actuel, un mot revient sans cesse dans la bouche de ceux qui croient détenir la vérité sur ce qui est le camp du bien (le leur) et le camp du mal (tous les autres) : c’est le mot “fasciste”. Il est devenu pour eux une arme verbale, utilisée pour disqualifier l’adversaire et se dispenser de répondre à ses arguments.

Historiquement, le fascisme renvoie à des régimes bien identifiés, porteurs d’une idéologie totalitaire et nationaliste, et de méthodes reposant sur la haine, la violence légitimée, la propagande et l’intimidation : l’Anti‑démocratie.

Le danger est, qu’à force d’utiliser ce terme pour désigner une réalité contemporaine à laquelle il ne correspond pas, on finira par le banaliser au point qu’il deviendra totalement vide de sens et d’histoire. On perdra alors demain notre vigilance face à de véritables dérives autoritaires.

Ce qui devrait davantage préoccuper nos responsables politiques de tous bords, ce ne sont pas les étiquettes que chaque camp colle sur l’autre, mais la façon dont le débat démocratique est mené, la qualité des arguments proposés et le respect des adversaires, en refusant toute forme de caricature.

Cela contribuerait à restaurer la confiance des électeurs envers les politiques, et leur motivation pour se déplacer jusqu’aux bureaux de vote.