De la déconstruction des hommes à celle de la nation.

Diorama en papier-mâché d'un drapeau tricolore français dans un cadre en bois. Le tissu en papier froissé s'effiloche en fils blancs tirés par des mains sculptées, tandis que le centre du drapeau brille d'une lumière intérieure chaude. Style artisanal avec textures de papier grainé et éclairage studio sur fond blanc.

Décidément, certains responsables politiques, poursuivent avec constance leur patient travail de déconstruction : après les hommes, les normes de genre, les traditions et les symboles, voici désormais la fierté nationale priée de comparaître devant leur tribunal idéologique !

Depuis quand le simple fait de revendiquer le pays où l’on est né et d’aimer sa patrie devrait-il susciter la suspicion ?

Qualifier par exemple de “fierté au rabais” le fait d’être fier de son pays révèle surtout une vision singulièrement étriquée de ce qu’est l’attachement national.

Être fier d’être français ne signifie pas se satisfaire passivement d’un hasard de naissance. Cela signifie se reconnaître dans une histoire, une culture, une langue, un héritage, une civilisation, et dans un idéal collectif transmis de génération en génération.

Et surtout, cette fierté n’entre en contradiction avec aucune des valeurs que certains prétendent lui opposer.

Car oui, on peut être simultanément fier de son pays ET fier, par exemple, “que son enfant puisse réussir à l’école, qu’on ait de quoi partir en vacances, qu’on puisse prendre le train, que si un proche est malade, il ait accès aux soins”.

Pourquoi ce besoin, devenu presque systématique chez tous ces responsables politiques qui partagent le même « logiciel » idéologique, de toujours vouloir opposer les valeurs entre elles afin de disqualifier celles qui ne leur conviennent pas ?

Ils semblent incapables de concevoir l’amour du pays autrement que comme une suspicion morale.

À force de caricature et de mépris, il ne faudra pas s’étonner qu’un grand nombre de Français ne se reconnaissent plus dans leur discours.

Sous couvert d’une soi-disant subtilité intellectuelle, leur rhétorique relève surtout de la politique politicienne : déconstruire les symboles, les sentiments et les repères communs pour tenter de réserver “le monopole de la vertu” à leur propre camp.

Non, aimer la France n’est pas une fierté au rabais.

Ce qui est au rabais, en revanche, c’est de mépriser ce sentiment chez les autres pour tenter d’exister politiquement.

Et parce qu’une citation isolée ne suffit pas à caractériser une pensée, quelques autres prises de position permettent d’en illustrer la cohérence :

  • Sur la remise en cause de la masculinité traditionnelle : appeler à déconstruire les hommes.
  • Sur l’intrusion du politique dans la vie privée : envisager un délit de non-partage des tâches domestiques.
  • Sur les codes culturels associés à la virilité :  remettre en cause des représentations aussi banales que le barbecue comme symbole de virilité.
  • Sur l’institution catholique : tourner en dérision l’Église en la réduisant à un simple boys band de mecs qui n’acceptent pas les femmes.
  • Sur l’éloge de la transgression comme marqueur générationnel : célébrer l’idée que la jeunesse devrait être subversive par principe.

Quand tout devient matière à déconstruire, à suspecter, à ridiculiser ou à ériger la transgression des règles en vertu,

Il ne s’agit plus de simples provocations isolées.

Il s’agit bien d’un projet idéologique.

Marc Louche

RÉFÉRENCES DES CITATIONS ET POSITIONS CITÉES