Le respect, un pilier à réaffirmer collectivement ?
Le respect, c’est accepter la différence d’autrui, tout simplement.
Laurent Delette
Le respect, c’est accepter qu’il ne soit pas de la même origine, religion, où du même avis que toi !
Le respect, c’est avant tout de ne pas croire que l’on vaut mieux que la personne en face de nous.
Le respect, c’est aussi aider son prochain quand il a besoin de nous et ce sans qu’il ne le demande.
Le respect, c’est de dire merci aux pays qui t’ouvre les bras et respecter ce pays qui t’ouvre ses institutions pour t’aider à t’intégrer.
Le respect, c’est ne pas imposer ta façon de croire en Dieu, la France étant républicaine, laïque, fraternelle, solidaire, unie, courageuse et son drapeau en est la preuve.
Alors si tu aimes ce pays, n’oublie pas de le respecter et il te respectera comme il se doit !!
Caroline : Merci Laurent pour ce rappel, qui trop souvent se perd ! Le respect, un mot qui revient régulièrement dans les conversations, les discussions, les pensées, les constats… de ces dernières années.
Qu’est-il donc arrivé à la notion du respect, cette valeur essentielle qui nous est si chère ?
Le respect n’est pas un mot que l’on apprend dans un manuel ni une valeur abstraite ; le respect se vit, se ressent et se transmet. Il commence dans le regard que nous portons sur l’autre, dans la manière dont nous écoutons, comprenons et valorisons ceux qui nous entourent.
Dès l’enfance, il s’ancre dans les gestes simples, en famille, avec ses parents, ses frères et sœurs : partager, attendre son tour, dire « merci » ou « s’il te plaît », parler chacun son tour. C’est au sein de la famille, puis à l’école, dans les cercles d’amis et au fil des expériences que cette valeur se tisse, comme un fil invisible reliant chacun à l’autre. Le respect se nourrit de l’exemple que nous donnons et de l’attention que nous portons aux autres, rappelant que chaque personne mérite d’être reconnue et entendue.
Le respect est autant de petites touches qui transforment le quotidien en moment de paix !
Marie-Pierre : le respect, c’est également exister sans phagocyter ou polluer l’espace de l’autre.
C’est savoir écouter sans penser simultanément à notre propre réponse.
Le respect, c’est aussi savoir se taire.
Le respect, c’est l’humilité et la discrétion
Le respect, c’est ne pas juger à l’aune de nos expériences
Respecter les règles collectives et sociales ?
C’est le respect citoyen qui va de pair avec le respect de soi et des autres.
Pour mieux comprendre le mécanisme du respect, ne faudrait-il pas analyser, ce qui génère l’irrespect et le “j’m’en foutisme ambiant” constatés dans notre société ?
Comme un négatif qui servirait de révélateur.
Le respect coule de source dans toute société organisée, normalement… Ce qui est intéressant serait de découvrir ce qui s’est mis en travers de ce flux, constant et fluide, et qui l’a transformé en ruissellements boueux, hasardeux avec des zones totalement arides.
Le respect semble émerger d’une interaction entre dispositions innées et apprentissages sociaux, sans être strictement l’un ou l’autre. Les recherches en psychologie du développement montrent qu’il se construit progressivement dès la petite enfance via les interactions et l’éducation.
Force est de constater sur le terrain, la dérive, voire la disparition des valeurs éducatives liées au concept du respect tant au niveau scolaire que parental.
Les recherches sociologiques précisent que dès 5 ans, les enfants conçoivent le respect comme prosocial (traiter l’autre bien),pas seulement par peur de l’autorité, mais grâce au modèle parental, aux limites posées et acceptation de la frustration. “Je ne peux pas faire ce que je veux au détriment des autres et parce qu’il y a des règles à respecter pour le bien-vivre ensemble*”.
Doris: Ce qui est très important dans les paragraphes de Caroline et de Marie-Pierre, c’est la notion de la construction du respect dans l’enfance, dans la famille, puis dans l’éducation nationale. Souvent, je discute de ça avec mon père et avec des amis. Mon père se sent responsable de cette perte du respect (pas individuellement, mais en tant que génération de parents, il est né en 1941).
Mais, selon moi, la dérive est plus tardive et ailleurs. Est-ce que les libertés gagnées progressivement depuis la fin des années soixante n’ont pas conduit à oublier, que ma liberté s’arrête ou celle des autres commence ? Est-ce que libertés n’était pas confondu petit à petit avec laxisme ? Pourquoi conçoit-on l’autorité comme quelque chose de contraignant ?
Un exemple très concret m’a été raconté récemment dans une petite commune lors d’une cérémonie officielle en présence du Maire :
Les participants au-delà de 50 ans et plus, ont dit “Bonjour Monsieur le Maire”.
Les trentenaires et quadragénaires ont dit majoritairement “Bonjour Monsieur”.
Et les plus jeunes sont rentrés en disant tout juste “Bonjour”.
C’est une histoire toute simple, et elle reflète cette dérive, qui consiste à concevoir le respect, comme une contrainte, et non plus comme une normalité.
Stéphanie : J’adhère complètement aux écrits de Laurent, Caroline, Marie-Pierre et Doris. Je souhaiterais juste ajouter que le respect est aussi l’ouverture à la véritable écoute. Accueillir la parole de l’autre sans la déformer ni la juger, entendre ce qui est dit au-delà des mots eux-mêmes. En cultivant cette posture, nous créons un espace dans lequel chacun peut s’exprimer avec sincérité et se sentir reconnu, ce qui renforce la qualité des échanges et la compréhension mutuelle.
J’ai l’intime conviction que grâce au respect, nos dialogues, qu’ils soient oraux ou écrits, gagneraient en apaisement et en justesse. Les mots seraient portés par une intention plus mesurée, moins impulsive, évitant ainsi d’enflammer inutilement des ressentis qui, bien souvent, ne méritent pas de prendre une telle ampleur. Le respect agit alors comme un équilibre précieux, permettant de préserver à la fois la dignité de chacun et la richesse des échanges.
Agnès : J’ai recherché l’étymologie du mot respect : du latin respectus, signifiant « égard, considération » et dérivé de respicere signifiant « regarder en arrière, derrière soi “. Ceci fait du respect un fondement de l’humanité. Individuellement, le respect, c’est s’accepter et s’aimer. Dans la famille, le respect s’acquiert avec apprentissage des règles, des codes qui permettent de s’ouvrir au monde, des liens qui créent la fraternité. Lors de l’ouverture à la société, au contact des enseignants, des éducateurs, se met en place le respect de l’autorité d’autrui, de sa différence : on considère réellement l’autre dans ce qu’il est, pour ce qu’il est. Avec l’État, c’est le respect des lois, héritées d’une construction, d’un passé faisant socle, qui permet le sentiment d’appartenance à une communauté, autour de valeurs communes. Le respect, c’est faire preuve de civilité, sans hypocrisie. Se respecter soi-même, respecter l’autre, respecter les règles, les codes, les lois, c’est tout simplement respecter la vie, sous toutes ses formes.
Florian : Et si le respect n’était pas seulement une valeur à rappeler, mais un pilier à réaffirmer collectivement ?
Car une société ne tient pas uniquement par de bonnes intentions.
Elle repose sur des règles communes, une autorité légitime et une exigence partagée.
Le respect ne peut pas être à géométrie variable.
Il ne peut pas dépendre des sensibilités individuelles ou des circonstances.
Il doit s’appliquer à tous, partout, et sans ambiguïté.
Or, depuis plusieurs décennies, nous avons progressivement affaibli ce cadre.
À force de vouloir tout expliquer, tout excuser, tout relativiser, nous avons parfois oublié l’essentiel : une société ne peut fonctionner durablement sans repères clairs.
Le respect, ce n’est pas seulement accepter l’autre.
C’est aussi accepter les règles qui nous permettent de vivre ensemble.
La véritable question est donc politique : avons-nous encore le courage de défendre et de faire respecter ce cadre commun ?
Car sans règles, il n’y a plus de respect.
Et sans respect, il n’y a plus de société.
Caroline : Le respect, tel qu’il se dessine à travers cet échange, apparaît donc comme un socle intime et collectif. À la fois attitude, valeur et exigence,le respect ne se réduit ni à une simple politesse ni à une contrainte imposée. Il est un équilibre : entre liberté et responsabilité, entre expression de soi et considération d’autrui.
Lorsqu’il est partagé et incarné, il devient ce lien invisible qui apaise les relations, structure la société et rappelle que vivre ensemble suppose autant de devoirs que de droits.
*https://www.mon-psychotherapeute.com/comment-inculquer-le-respect-et-la-tolerance-aux-enfants/
Tribune par
Laurent, Caroline, Marie-Pierre, Doris, Stéphanie, Agnès et Florian.
