Dans chaque tribu, il y a une cigale, une fourmi… et bien plus encore !

Le renard, la cigale et la fourmi, Le lion, l'âne et la tortue, collaborent en vue de créer un belle tribu !

Qui ne se souvient pas des Fables de La Fontaine ? Douloureusement ou avec joie, incomprises en primaire, mais beaucoup plus claires en grandissant. La Fontaine a eu ce trait de génie, poussé par l’ambiance politique de son époque, d’écrire tout ce qu’il observait autour de lui sous les traits d’animaux : la cigale enthousiaste et débonnaire, la fourmi laborieuse et économe, le lion puissant et dominant, le renard rusé et opportuniste, l’âne un peu têtu et le corbeau un tantinet narcissique.

Quand on observe un groupe humain — une famille, une équipe de travail, une bande d’amis, une classe, ou même un village — on peut percevoir une vaste palette de profils avec toutes ses composantes, indispensables et complémentaires.

Il y a ceux qui parlent beaucoup.
Ceux qui parlent peu.
Ceux qui organisent tout.
Ceux qui arrivent toujours après l’organisation.
Ceux qui posent mille questions.
Et ceux qui se demandent intérieurement pourquoi on en pose autant.
Bref une tribu, quoi !

Une tribu, ce n’est donc pas un groupe d’individus semblables. Au contraire. C’est un mélange parfois étonnant de tempéraments, d’énergies, de rythmes et de manières de voir le monde. Et c’est précisément ce mélange qui fait fonctionner l’ensemble.

Et si l’on regarde cette composition avec tendresse et un soupçon d’humour, on peut reconnaître quelques personnages familiers, à commencer par soi-même :

L’enthousiaste

Il a toujours une idée.
Souvent trois.
Parfois, douze.
Il propose, imagine, lance des projets, fait des plans sur la comète et embarque volontiers tout le monde dans son élan. Dans une tribu, il agit généralement comme un générateur d’énergie collective.
Le risque ?
Que la tribu soit encore en train de digérer l’idée numéro 1 quand il en est déjà à la numéro 8.

Astuce tribale :
Avec lui, inutile de freiner trop brutalement, c’est un moteur. Mieux vaut lui dire : “Attends, celle-ci est bonne. On la garde et on regarde comment la mettre en œuvre.

Le sage

Il parle peu, mais quand il parle… tout le monde écoute.
Pendant que les autres débattent, il observe, réfléchit, laisse mûrir les choses.
Certains peuvent croire qu’il ne participe pas. En réalité, il analyse tranquillement l’ensemble de la situation.

Astuce tribale :
Lui laisser un peu de temps. Et parfois simplement demander : Et toi, qu’est-ce que tu en penses ? Souvent, la réponse vaut le détour.

L’organisateur

Si un groupe doit partir en week-end, c’est lui qui pense à :
• réserver le logement
• vérifier l’itinéraire
• rappeler l’heure de départ
• et apporter des sacs-poubelle (ce que personne d’autre n’aurait imaginé).
Il ne cherche pas spécialement à diriger… mais si personne ne structure les choses, il le fait presque malgré lui.

Astuce tribale :
Penser à lui dire merci.
Oui, vraiment. Parce que sans lui, les projets pourraient finir dans un grand flou artistique.

Le questionneur

Il demande :
• pourquoi
• comment
• si on est sûr
• si on a envisagé l’autre possibilité.
Parfois, cela peut donner l’impression qu’il complique tout.
Mais en réalité, il évite souvent à la tribu de foncer droit dans le mur avec pour seule boussole, sa rationalisation.

Astuce tribale :
Ne pas voir ses questions comme des attaques.
En général, elles sont juste une façon de sécuriser le chemin.

Le créatif

Il pense différemment.
Il voit des liens que personne d’autre ne voit.
Il arrive parfois avec une idée étrange… qui s’avère brillante.
Son plan de travail peut être un peu… conceptuel et parfois imprévisible.
Mais son esprit est une fabrique permanente d’associations, d’intuitions et de visions.

Astuce tribale :
Lui laisser un peu d’espace.
La créativité n’aime pas trop les couloirs étroits.

Le pacificateur

Dans chaque tribu, il y a souvent quelqu’un qui sent les tensions avant même qu’elles n’éclatent.
Il reformule.
Il arrondit les angles.
Il rappelle ce qui rapproche.
Sans bruit, il maintient la qualité du lien.

Astuce tribale :
Ne pas oublier que cette capacité est précieuse.
Le climat d’un groupe est un travail invisible.

Le pragmatique

Pendant que les autres discutent longuement de la théorie, il demande simplement :
“Concrètement, on fait quoi ?”

Il ramène les idées vers l’action. Il transforme les idées en réalité faisable. Sans lui, certaines réunions pourraient durer jusqu’à la prochaine décennie et des projets sombrer sans avoir débuté.

Astuce tribale :
Lui donner des choses à mettre en œuvre.
C’est là qu’il se sent le plus utile.

Le retardataire

Il arrive souvent… après tout le monde.
Mais il arrive avec un sourire tranquille et une phrase du type :
« Finalement, être en retard, c’est juste arriver dans un autre rythme. »
La tribu oscille entre amusement et légère crispation.
Mais il apporte souvent quelque chose d’utile : la capacité de relativiser l’urgence permanente.

Astuce tribale :
Lui annoncer l’heure… légèrement en avance.
Ce petit ajustement cosmique rétablit souvent l’équilibre.

L’hyper-sensible

Il sent les ambiances comme un baromètre humain, un vrai radar !
Avant même que quelqu’un dise « il y a un problème », il l’a déjà perçu.

Dans un groupe, c’est souvent lui qui remarque que quelqu’un ne va pas bien ou que la tension monte doucement.

Astuce tribale :
Écouter son ressenti, sans le rejeter.
Il capte parfois des signaux faibles que les autres ignorent.

Le sceptique

Quand une idée surgit, il a une réaction presque réflexe :
« Oui… mais… »
Cela peut sembler fatigant.
Mais il joue souvent le rôle du testeur de solidité des projets.
Si une idée résiste à ses objections, elle s’avère généralement solide et en sortira bonifiée.

Astuce tribale :
Ne pas chercher à le contrer immédiatement.
Invitez-le plutôt à être force de proposition.

Le gardien des traditions

Il se souvient de tout :
• comment on faisait avant
• pourquoi on faisait comme ça
• et pourquoi ce n’était pas une si mauvaise idée.
Dans une tribu, il incarne une forme de mémoire collective.
Sans lui, certains groupes réinventeraient la roue tous les six mois.

Astuce tribale :
L’écouter avant de tout révolutionner.
Parfois, le passé contient de bonnes indications.

L’explorateur

Il veut essayer.
Nouveaux lieux.
Nouvelles idées.
Nouvelles méthodes.
Il ouvre les fenêtres quand la tribu commence à tourner en rond.

Astuce tribale :
Lui laisser des terrains d’expérimentation.

Le discret

Il ne cherche pas la lumière.
Il aide.
Il soutient.
Il fait les petites choses qui permettent au reste de fonctionner.
Souvent, on se rend compte de son importance… le jour où il n’est pas là.
Pourtant il est indispensable.

Astuce tribale :
Le remercier explicitement.
La discrétion ne signifie pas absence de contribution.

Le médiateur

Quand deux personnes s’opposent, il ne choisit pas un camp.
Il écoute les deux.
Et parfois, il reformule si bien que chacun finit par dire :
« Oui… c’est exactement ça que je voulais dire. »
Dans une tribu, c’est souvent un artisan invisible de la paix et un instinctif.

Astuce tribale :
Lui laisser la place quand la tension monte.

… Et on pourrait continuer comme ça un petit moment…

Une tribu ne fonctionne pas parce que tout le monde se ressemble.
Elle fonctionne parce que les différences se complètent.

L’enthousiaste ouvre des portes.
Le questionneur regarde s’il y a un escalier derrière.
L’organisateur construit les marches.
Le créatif imagine une nouvelle pièce.
Le sage observe l’ensemble.
Et le pacificateur veille à ce que personne ne claque la porte.
L’hypersensible prévient avec clairvoyance
Le médiateur communique avec empathie
Le discret intervient souvent au bon moment

Et si l’on observe bien… nous avons plusieurs de ces personnages en nous.

C’est peut-être cela, finalement, la richesse d’une tribu :
Un endroit où les singularités ne sont pas des problèmes à corriger… mais des forces à apprivoiser. Nous sommes tous un peu cigale, un peu fourmi, parfois renard, parfois lion.

Et la collaboration commence souvent le jour où l’on comprend que les différences ne sont pas des obstacles… mais des rôles à accorder, comme les instruments d’un même orchestre.

Caroline